Histoire

Joe Devlin est Irlandais et grand amateur de whisky. Il est installé à Los Angeles où il a une certaine renommée comme écrivain et poète. Un jour, un homme inconnu vient le voir lors d’une séance de dédicace avec, sur la page à signer, les mots « Ourselves alone » qu’il a inscrits au stylo. (Il s’agit de la traduction anglaise de Sinn Féin et signifie « Nous seuls »). C’est un code de reconnaissance entre eux et ils conviennent de se revoir par la suite. L’homme s’appelle Vincent Pauley. C’est un trafiquant d’armes et il se trouve à Los Angeles pour proposer à Devlin de lui en faire livrer moyennant finance afin qu’elles puissent ensuite approvisionner l’IRA. Pauley réclame 50 000 dollars en supplément du prix des armes pour qu’elles soient bien livrées à la date prévue du départ d’un navire qui doit quitter le port le quinze du mois.

Avis

Ce n’est pas mon épisode préféré et c’est le moins bon épisode de cette septième saison. Est-ce que Columbo est fait pour traiter de problèmes politiques internationaux ? Au vu de Immunité diplomatique et de ces conspirateurs (titre en VO), la réponse est non, pour ma part.

La faute aux indices, pauvres, et illogiques et à l’attitude idiote du criminel qui ne fait quasiment rien pour se désempêtrer de sa situation. Les réponses incriminantes fusent, le manque de justification constitue un boulet et Columbo n’a même pas besoin de lutter pour comprendre qui est l’assassin. Tout lui est servi sur un plateau. Comment un homme ayant ayant fait de la prison pour un crime passé, peut-il être aussi négligeant au point de laisser empreintes et indices sur le lieu du crime ? Pire, Devlin emmène Columbo diner dans un restaurant où il a ses habitudes et où on lui sert la même marque de whisky que celle retrouvée sur le lieu du crime… C’est un acte manqué ou de la stupidité. Du coup, il n’y a aucun suspens, aucun jeu du chat et de la souris. Devlin est un assassin trop imprudent, pour ne pas dire idiot, pour nous donner l’illusion qu’il peut s’en tirer.

Pourtant, le scénariste Howard Berk ( qui a aussi écrit le très bon « Entre le crépuscule et l’aube »), avouera préféré cet épisode, ce que je trouve incompréhensible.

A vrai dire, je préfère « Des sourires et des armes ». On le perçoit de manière plus grandiose. Le thème pseudo-politique lui confère une autre dimension.

Howard Berk, scénariste de l’épisode

Notez cet épisode !

Anecdotes
  • C’est la première fois dans la série qu’un thème politique international se retrouve véritablement représenté. L’épisode Immunité diplomatique (saison 5), qui parle lui aussi de politique, faisait apparaître une royauté factice : le royaume du Suari. Le thème ici est le terrorisme irlandais, à l’époque particulièrement d’actualité.
  • C’est la première fois que le trafic d’armes se retrouve présenté.
  • C’est aussi la première fois que le crime se retrouve connu et accepté de plusieurs conspirateurs qui cherchent à se protéger mutuellement sans chantage.
  • La fin de l’épisode se passe au port de Los Angeles, dans le quartier de San Pedro. Le cargo suspecté de transporter des armes vers l’Irlande du Nord (à destination du port de Belfast, après transbordement par le port de Southampton) est amarré au quai 213. On voit le lieutenant Columbo traverser en voiture le pont Vincent-Thomas.
  • Ceci est le dernier épisode de la série originale produite par NBC. Ce n’est qu’en 1989 que la série sera reprise et poursuivra sa huitième saison produite par ABC.
  • Comme un clin d’œil possible au fait qu’il s’agisse du dernier épisode de la série originale, les derniers mots de Columbo sont « Jusqu’ici et pas plus loin ».
  • Columbo mentionnant que son neveu fait de la tapisserie avant les compétitions d’haltérophilie est probablement un clin d’œil à Roosevelt Grier, un redoutable joueur de ligne défensif des équipes de football des New York Giants et des Los Angeles Rams (de 1955 à 1966) qui a fait de la tapisserie.
  • À l’origine un pilote pour une série différente (vraisemblablement réédité pour s’adapter à l’angle Columbo).
  • L’employé de la librairie à la fois souriant et mignon interagissant avec le Columbo portant un trench-coat est peut-être un clin d’œil à Humphrey Bogart et à une fille similaire dans une librairie dans Le grand sommeil (1946). Dans ce dernier, Bogart se lie avec la fille, offrant un contexte sexuel que cet épisode a également, mais avec les livres d’art érotique vendus dans le magasin. De plus, la fille de Columbo dit que le mort « a l’air endormi », ce que signifie The Big Sleep.
  • Le cabriolet conduit par Joe Devlin est une Jaguar XK120 de 1952.
  • La phrase « Jusqu’ici, et pas plus loin » occupe une place prépondérante dans cet épisode. Michael Horton, invité vedette, jouera plus tard un agent de sécurité dans Star Trek : Premier Contact (1996), dans lequel Patrick Stewart livre son célèbre monologue, qui comprend également la réplique « Jusqu’ici, pas plus loin ! »
  • Cet épisode a été diffusé à l’origine en février 1978 et Columbo: Meurtre parfait (1978) a été diffusé à l’origine en mai 1978.
  • Michael Horton, jouant Kerry Malone, est un visage familier de son rôle récurrent dans Arabesque (1984). Il a joué Grady Fletcher, le neveu de Jessica, le comptable qui a toujours semblé travailler pour des escrocs et des escrocs impliqués dans des meurtres.
  • Le livre d’art érotique que Columbo feuilletait dans la librairie coûtait 55 $. En 2022, cela équivaudrait à environ 235 $.
  • Joe Devlin a trois tables de flipper dans son salon. Les deux côte à côte sont 4-Square (un jeu de 1971 de Gottlieb) et Flying Carpet (un Gottlieb de 1972); le troisième, de l’autre côté de la pièce, est un jeu plus récent mais n’est pas suffisamment montré pour être identifié.
  • Le titre de l’autobiographie de Joe Devlin est « Up From Ignorance ».

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