Histoire

Paul Gerard est animateur d’émissions culinaires et critique gastronomique. Il est en conflit avec le grand chef Vittorio Rossi, patron d’un restaurant italien réputé. Rossi décide de tout révéler sur les agissements crapuleux de l’animateur, en particulier un système généralisé de pots-de-vin qui lui sont versés afin d’augmenter les notes qu’il attribue aux établissements culinaires de la ville. À l’occasion d’un repas pris en commun dans les locaux de Vittorio, un soir, Paul Gerard parvient à lui faire absorber un poison virulent et mortel, secrètement extrait d’un poisson fugu par ses soins. Columbo avouera à la fin de l’épisode qu’il suspectait le critique gastronomique dès le début, mais la question cruciale lors de son enquête porte sur la manière dont le poison a pu être incorporé dans la boisson. Le laboratoire de médecine légale conclut en effet que la toxine absorbée se trouvait dans le vin et non dans la nourriture. Pourtant, la bouteille avait été choisie au hasard dans la cave personnelle de la victime et ouverte de ses propres mains avec l’un de ses tire-bouchons.

Avis

Cette septième saison est l’occasion d’entériner de nouveaux traits de caractère du lieutenant. Plus démonstratif, plus joueur et plus direct, comme on a pu le voir dans les autres épisodes. Les épisodes sont truffés de dialogues à double sens, de menaces ourlés de mystères où Columbo et l’assassin joue à un jeu de dupes.

– Avez-vous un suspect en tête ?
– J’en ai un que je garde à l’œil, effectivement.

Columbo en fixant Paul Girard des yeux.

Si les duels en ressortent dynamités, les épisodes gagnent peut-être un peu trop en théâtralité. Columbo prend la confiance et se permet des choses dont on ne l’aurait pas soupçonné auparavant (à part dans les épisodes mis en scène par Patrick MacGoohan. On retrouve ici Columbo troublé par la présence d’une geisha (il flirte ou… ??) comme on le voyait s’enthousiasmer pour une danseuse du ventre dans un épisode précédent.

L’épisode en lui-même est très bon. Columbo affronte Paul Girard, redoutable critique d’art, qui a monté une belle arnaque. Sa personnalité, mélange de sympathie, d’arrogance et de confiance en soi exacerbée, font de l’épisode un régal à regarder. Le mépris qu’ils témoignent l’un pour l’autre atteint son paroxysme dans la scène finale où Girard semble être sur le point de péter les plombs en rappelant le nœud de l’affaire : il n’était plus là lorsque la victime a ingéré le poison.

Par un tour de passe-passe, Columbo coince son assassin, en faisant de lui-même un appât, acculant Girard et le forçant à vouloir se débarrasser de lui. Pris au piège, l’assassin avoue que s’il respecte le lieutenant, il ne l’apprécie pas. Sentiments partagés lui rétorque le lieutenant.

Cela étant dit, l’épisode souffre de quelques défauts en périphérie. Comme je l’ai dit plus haut, le jeu de Peter Falk vire à la représentation théâtrale, et j’ai parfois l’impression qu’il cabotine. La scène de la banque, où entre deux tranches de gâteaux, il lève son bras en l’air en étant sur le point de découvrir un loup est trop appuyé. De même, son flirt avec la geisha. L’entrée en scène de Columbo suit la même pente : attablée, il laisse son second venir à lui, en mode mafieux, avant de permettre à Girard de le rejoindre. Et que dire de l’incompréhensible interrogatoire du neveu du mort ? Pourquoi le traiter de la sorte ? A quoi cela rime-t-il ?

Mais, malgré ces quelques défauts, Meutre à la carte reste un épisode agréable, sauvée par la personnalité de l’assassin, français arrogant en diable.

Notez cet épisode !

Anecdotes
  • L’épisode est peut-être un clin d’œil à la saga du Parrain ; en effet Paul Gerard semble percevoir de l’argent des chefs de restaurants contre une bonne critique. La présence de l’acteur Michael V. Gazzo, jouant dans le film Parrain 2, souligne la référence. D’ailleurs, lorsqu’il interroge le jeune serveur Mario, Columbo s’amuse à adopter une attitude de mafieux sicilien en forçant son accent.
  • Columbo est très gourmand et va grandement profiter des nombreux plats qui apparaîtront dans l’épisode.
  • Deuxième apparition de Shera Danese, seconde épouse de Peter Falk, dans la série.
  • Lors de l’adaptation en VF, le traducteur a pris certaines libertés dont l’une flagrante, au moment où Columbo est au restaurant chinois avec la patronne de l’association : on lui sert des nems et il dit en VF cela me rappelle le temps où je ne mangeais pas tous les jours. Or, dans la VO il n’était nullement question d’une enfance pauvre mais du fait qu’il mangeait plus de nems que de tagliatelle parce qu’il habitait près du quartier chinois.
  • Dans la version originale, Columbo interroge le jeune serveur en italien.
  • Jonathan Demme réalisera plus tard Le Silence des Agneaux.
  • Vittorio Rossi demande à son neveu Mario de remonter une bouteille de Château Margaux, qui est un vin de Bordeaux. Or, le neveu rapporte une bouteille de forme bourguignonne et non bordelaise.
  • L’un des rares épisodes où Columbo avoue ne pas aimer le meurtrier.
  • Le suspect, Paul Gerard, conduit une Stutz Blackhawk, une rare voiture américaine du début des années 1970. C’était un symbole de statut qui démontrait une richesse bien au-delà de celle même de Rolls-Royce ou de Bentley.
  • C’est le deuxième épisode dans lequel Columbo parle italien.
  • Dans cet épisode, Columbo admet que sa femme est une mauvaise cuisinière.
  • Bien que Mme Columbo n’apparaisse jamais réellement, Mme Falk est dans cet épisode (et cinq autres également). Shera Danese était mariée à Peter Falk, commençant un mois avant la diffusion de cet épisode jusqu’à sa mort en 2011.
  • Certains tournages ont été réalisés dans un lieu de prédilection des stars hollywoodiennes – Perino’s sur Wilshire Bvld. Après plus de 50 ans d’activité, le restaurant ferme définitivement ses portes en 1986.
  • Antony Alda (le demi-frère cadet de l’acteur/réalisateur Alan Alda) joue le serveur parlant uniquement italien.
  • Le scénario de Robert Van Scoyk a remporté le prix Edgar Allan Poe du meilleur épisode télévisé.
  • Shera Danese, la femme de Peter Falk est apparue dans six épisodes de la série, incarnant un personnage différent à chaque fois :
    • Épisode 13.2 Columbo : La griffe du crime (1997) – Cathleen Calvert
    • Épisode 12.3 Columbo: Undercover (1994) – Geraldine Ferguson
    • Épisode 10.3 Columbo : Columbo et le meurtre d’une rock star (1991) – Trish Fairbanks
    • Épisode 9.1 Columbo : Meurtre, un autoportrait (1989) – Vanessa Barsini
    • Épisode 7.2 Columbo : « Columbo – Meurtre à la carte » (1978) (1978) – Eve Plummer
    • Épisode 6.1 Columbo : Deux en un (1976) – Molly
  • Il s’agit du dernier épisode de « Columbo » dans lequel l’acteur jouant le meurtrier, Louis Jourdan, est plus âgé que Peter Falk.
  • De la série originale des années 1970, c’était le rôle le plus important pour la femme de Peter Falk, Shera Danese.
  • Le deuxième épisode, après Columbo : Une ville fatale (1972), dans lequel Columbo et une belle jeune femme asiatique flirtent innocemment.
  • Lorsqu’on lui a demandé s’il avait des suspects chauds, Columbo a répondu: « Eh bien, j’en ai un à l’œil. » Cela prouve que les deux yeux de Columbo sont réels, contrairement à Peter Falk, qui a un œil de verre.
Filmographie sélective de Louis Jourdan

Louis Jourdan est le fils d’Henry Gendre et d’Yvonne Jourdan, propriétaires d’un hôtel, et le frère de Pierre Jourdan. Dès 17 ans, il témoigne de son désir de devenir acteur lorsque son père, directeur, à l’époque, du Grand Hôtel à Cannes, le présente à ses hôtes Raimu et Charles Blavette en marge du tournage de La Femme du Boulanger (1938). Il est élevé en France, en Turquie et en Angleterre, et s’exerce en tant qu’acteur à l’École dramatique, faisant ses débuts à l’écran en 1939. Pendant l’occupation allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, il continue à faire des films, surtout avec Marc Allégret (L’Arlésienne d’après Alphonse Daudet, La Belle Aventure et Les Petites du quai aux fleurs sur des scénarios de Marcel Achard, Félicie Nanteuil d’après Anatole France) et Marcel L’Herbier (La Vie de bohème d’après Henry Murger, dans le rôle de Rodolphe), qui l’ont fait débuter ; flirtant avec Danielle Darrieux dans l’immense succès Premier Rendez-vous, fiancé (au moins par les journaux) avec Micheline Presle, sa partenaire régulière, Jourdan s’impose comme le jeune premier numéro un du cinéma français. Néanmoins, refusant de participer aux productions cinématographiques de propagande nazie, il rejoint la Résistance française. Son père est arrêté par la Gestapo. Après la Libération, Louis Jourdan épouse Berthe Frédérique, avec qui il a un fils. Repéré par David O. Selznick, l’acteur tente ensuite l’aventure du cinéma américain, faisant l’objet d’un grand battage publicitaire qui le rend célèbre avant même qu’il ait tourné un film en Amérique 8. Après un rôle central (proche de l’amant de Lady Chatterley) au milieu d’une distribution impressionnante (Gregory Peck, Charles Laughton, Charles Coburn, Ethel Barrymore, Alida Valli), dans Le Procès Paradine (1947), un film d’Alfred Hitchcock qui n’obtient pas le succès escompté, il tient l’année suivante, face à Joan Fontaine, le principal rôle masculin de Lettre d’une inconnue, réalisé aux États-Unis par Max Ophüls. Louis Jourdan mène dès lors une seconde carrière à Hollywood, où il joue des personnages de « French Lover » à la manière d’un Charles Boyer, avec pour partenaires Jennifer Jones (Jourdan est Rodolphe dans Madame Bovary), Debra Paget, Jean Peters, Doris Day, Grace Kelly, Elizabeth Taylor, souvent dirigé par des cinéastes prestigieux (Vincente Minnelli à plusieurs reprises, Delmer Daves, Jacques Tourneur…). En 1954, il joue au théâtre avec James Dean. Comme des acteurs américains des années 1950-1960 pouvaient l’être, il est rompu à plusieurs disciplines et chante en anglais et sans doublage dans les comédies musicales auxquelles il participe outre-Atlantique (Gigi avec Leslie Caron et Maurice Chevalier et Can-Can aux côtés de Shirley MacLaine et Frank Sinatra) ou lors d’une scène romantique comme son duo avec Ann-Margret dans Made in Paris (1966). Il revient occasionnellement tourner en Europe, en France pour notamment Rue de l’Estrapade de Jacques Becker, La mariée est trop belle avec Brigitte Bardot, une adaptation en deux époques du Comte de Monte-Cristo réalisée par Claude Autant-Lara, Mathias Sandorf d’après Jules Verne, en Grande-Bretagne (Le Prisonnier du Temple au côté de Belinda Lee), en Italie (le péplum Les Vierges de Rome, Le Désordre de Franco Brusati), mais continue de mener principalement une carrière américaine. Dans les années 1980, il travaille avec Wes Craven et interprète le rôle du méchant dans un film de la série des James Bond, Octopussy (1983), puis interprète le rôle de Pierre de Coubertin à la télévision américaine (où il avait déjà joué D’Artagnan, Dracula et un meurtrier dans un épisode de Columbo la décennie précédente) en 1984. Louis Jourdan prendra sa retraite de comédien en 1991, juste après le tournage du film Year of the comet, de Peter Yates, qui sortira en 1992. Louis Jourdan a l’honneur peu courant d’avoir deux étoiles à son nom (musique et télévision) sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard. Le 22 juillet 2010, Louis Jourdan reçoit la Légion d’honneur des mains de l’ambassadeur français Pierre Vimont. La cérémonie se déroule le 22 juillet 2010 à Los Angeles en présence de Mme Jourdan, de Kirk Douglas et de Sidney Poitier, grands amis de Louis Jourdan.
Source : Wikipedia


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