Histoire

Otis Swanson est un homme âgé, un marin de haute mer devenu entrepreneur et riche propriétaire d’un chantier naval. Il crée de somptueux navires d’exception. Il est reconnu pour son expertise et apprécié dans sa profession. Il est surnommé « le Commodore » du fait de son amour immodéré de la navigation. Un rassemblement consacre chez lui, un soir, les trente ans de sa société. Swanson méprise ouvertement les potentiels nouveaux acheteurs de ses navires en restant de glace sur son fauteuil. Il ne cherche pas à se mêler à des parasites ne ressentant pas l’amour de la mer et éprouve pour eux un profond mépris. Il les fait partir de son salon. Il exprime aussi de l’amertume face à sa fille Joanna (continuellement ivre) et son gendre Charles, présents dans les lieux avec lui. Il est en désaccord avec son gendre gérant de son entreprise. Charles souhaite étendre la compagnie et diversifier l’entreprise alors que le Commodore s’y oppose par principe. Swanson envisage de faire des changements dans sa société car il n’apprécie pas la tournure mercantile que son genre met en avant. Charles se rend le soir-même chez son beau-père (sur une île privée) pour l’amadouer et le faire changer d’avis.

Avis

L’épisode où Columbo n’est pas Columbo.

Ouh la la. Voici l’épisode où Columbo n’est pas Columbo. C’est un épisode arty, à la réalisation en mode bobo, en mode expérimental. Patrick MacGoohan est le réalisateur de cet épisode. Il a déjà réalisé Entre le crépuscule et l’aube et Jeu d’identité, deux bons épisodes et deux bonnes mises en scène. Ici… Tout est surligné, surjoué, et pas naturel du tout. Tout semble faux. L’arrivée de Columbo est à la limite du ridicule (alors que dans Jeu d’identité, elle était géniale.)

A peine arrivée et on a envie de le claquer… L’épisode est du même acabit, maniéré, et en somme mauvais, très mauvais, ultra mauvais. L’épisode regorge de moment où le n’importe quoi est la règle. A un moment donné, Columbo s’appuie contre Vaughn, qui lui, cale son menton sur la rembarde. Pourquoi ? Mais qu’est-ce qu’il se passe ?

Et que dire de ce Columbo tactile, qui touche, qui touche, qui touche, tout le monde, pour rien. Mais qu’est-ce qu’il se passe ?

L’épisode en devient ridicule et de temps en temps Columbo (ou Peter Falk ?) est pris de fou-rire ou tente de masquer un rire. Se rend-il compte du ridicule du scénario et de la mise en scène ? MAIS QUE SE PASSE-T-IL ?

Et je ne parle pas des moments où les agissements de Columbo sont incompréhensible. Pourquoi marche-t-il de long en large sur la yole ? Je vous invite à jeter un coup d’œil à cet article qui regroupes les What the fuck moments, ou en français les moments Bordel, mais qu’est-ce qu’il se passe ? pour s’imprégner et plonger dans le ridicule de la mise en scène.

C’est long, tout prend des plombes, les explications sont interminables, et on s’en fout parce que rien n’est passionnant. C’est une épreuve terrible de voir cet épisode pour qui aime la série. C’est l’épisode qui faut oublier. A choisir un mauvais, autant regarder le kitschissime Au-delà de la folie que cette montre témoin indigeste et indigne. Depuis le début de ce site, c’est le seul épisode jusqu’à présent que je n’ai pas pu regarder d’une traite.

Sur le scénario, on peut louer l’envie des scénaristes de casser les codes. Le choix de Vaughn, qui avait déjà joué l’assassin, est une bonne idée. Lorsqu’il meurt, c’est une vraie surprise, je l’ai pris moi aussi pour l’assassin. Le hic, c’est que rien n’est à la hauteur. Les indices sont idiots, et trop peu nombreux. Rien ne tient la route dans cet épisode. Rien de rien. Ni les déductions, ni les personnages, ni le jeu des acteurs, et surtout pas la mise en scène.

Parlons un peu des personnages. Pourquoi Swanny se prête au jeu de Columbo et joue au Commodore ? A quoi sert cette scène ? A montrer que Joanna est totalement folle ? A prouver que quelqu’un peut se faire passer pour son père ? Mais était-il besoin de se jouer ce jeu-là à cet instant-là ? Mon dieu, que c’est balourd.

Les scénaristes ont voulu recréer une fin à la Agatha Christie, où tout les suspects sont réunis et où la vérité émerge à coups de déductions et de cellules grises. C’est raté. C’est long, tiré par les cheveux et mal joué. La révélation du futur mariage de la victime tombe à l’eau. On s’en fout. Swanny qui part en fou rire, sans raison ? On s’en fout. L’interminable phase de la montre du Commodore qui passe d’oreille en oreille ? Mais QUAND cet épisode va-t-il se terminer ? Il se termine avec une preuve aussi nulle que l’épisode entier.

Columbo nous quitte, seul, en ramant, comme il l’a fait tout au long de ces loooongues 90 minutes. Cette cinquième saison marquait la fin du contrat de Peter Falk, ceci expliquant ce dernier plan poétique.

Au fait, à qui sert Mac ? A rien. Mais pour le réalisateur, à quelque chose :

Je voulais ce jeune type. Le personnage n’existait pas dans le scénario de départ. C’était une relation très particulière qui permettait d’ajouter une dimension au personnage de Columbo. Il se trouve sur un autre terrain, avec une association qu’il n’a jamais connu auparavant.

Patrick MacGoohan, réalisateur

De même, MacGoohan explique ses choix de réalisation en ces termes :

Lorsque nous fîmes cet épisode, la série existait depuis un bout de temps. Nous avons abordé le sujet, pour dire que la personnalité de Columbo était bien défini, et qu’il fallait aller plus loin. Peter appréhendait beaucoup cela mais il voulut bien essayer.

Patrick MacGoohan, réalisateur

Peter Falk, lui, tresse un éloge de MacGoohan :

Patrick était fabuleux en directeur d’école militaire. Lorsqu’il est revenu mettre en scène deux épisodes, il a projeté Columbo dans toutes sortes de directions nouvelles, excitantes. C’est particulièrement vrai de La montre témoin. Cet épisode-là possède vraiment une autre tonalité. Patrick l’a marqué de sa patte. Le sens de l’humour y est totalement différent. Il avait d’autres idées merveilleuses concernant les endroits où amener Columbo. Je suis désolé qu’on ne l’ait pas rappelé pour faire d’autres épisodes.

Peter Falk

Notez cet épisode !

Anecdotes
  • Un épisode à l’atmosphère étrange qui se démarque nettement car il induit le spectateur en erreur sur l’identité du meurtrier. Une scène semble désigner le personnage joué par Robert Vaughn (ce qui est d’autant plus crédible que l’acteur a déjà interprété le coupable dans Eaux troubles de la saison précédente). Un second meurtre survient ensuite ce qui brouille l’identité du premier meurtrier. Il faut attendre la fin pour que le mystère soit dévoilé. Par ailleurs, le dénouement en est très discutable, puisque la prétendue mise en évidence du coupable repose sur une affirmation bien mince de ce dernier, qui ne suffirait certainement pas à prouver son crime en justice.
  • Cet épisode était à l’origine le dernier épisode de la série, Peter Falk ayant annoncé son intention de rendre son imperméable… Le scénariste Jackson Gillis, l’un des meilleurs de la série, fut donc chargé de concevoir un épisode final dans lequel le présumé meurtrier (Robert Vaughn) est assassiné en plein milieu de l’épisode.
  • Lorsque Charles Clay donne des explications à Columbo sur les mâts, voilures et barre automatique (à environ 38 minutes 10 du début), le bateau sur lequel ils se trouvent a singulièrement rapetissé… Cette impression est due à un problème de scénario qui omet le déplacement de Columbo et de Charles Clay sur le bateau du « Commodore ». Les personnages ont en fait quitté le yacht de luxe du présumé assassin pour se retrouver sur le yawl de la victime.
  • Un dénouement à la Agatha Christie où tous les suspects sont réunis.
  • Patrick McGoohan réalisateur de l’épisode, reprend le sergent Kramer (Bruce Kirby) qui secondait déjà Columbo dans l’épisode « Entre le crépuscule et l’aube » de la saison 4 dans lequel Patrick McGoohan jouait le rôle du meurtrier.
  • Le dialogue entre le sergent. Kramer et le lieutenant Columbo en train de fumer (Kramer : « Je pensais que vous alliez arrêter ; » Columbo : « Pas encore. ), est presque certainement une réponse intelligente visant directement à la curiosité intense des fans à la fin de la saison cinq au sujet de Peter Falk qui revient jouer Columbo les années suivantes.
  • Le commodore assassiné s’appelle Otis Swanson. Dans Perry Mason: The Case of the Dead Ringer (1966), la victime du meurtre s’appelle également Otis Swanson. Jackson Gillis est crédité comme scénariste dans cet épisode ainsi que dans celui-ci.
  • Le yacht identifié dans l’épisode comme appartenant à Charles Clay est, en fait, le superyacht Mojo de 85 pieds conçu par Dittmar Donaldson, construit en 1969 et appartenant à l’homme d’affaires de Los Angeles Frank Muller. Au fil des décennies, Mojo a accueilli de nombreuses célébrités, dont Michael Jackson (pour la cérémonie de dispersion des cendres de Barry White), ainsi que Brad Pitt, Jennifer Aniston, Ben Stiller et les membres du groupe 311. Elle était également une favorite. du président américain Richard Nixon, qui a navigué sur Mojo pas moins de deux douzaines de fois. Cependant, ses invités célèbres les plus célèbres étaient peut-être George C. Scott et sa femme, Trish Van Devere. Après avoir payé 10 000 $ US pour affréter Mojo pendant dix jours fin janvier 1978 et désireux de se rendre à Pebble Beach pour le tournoi de golf Crosby Pro-Am, Scott a encouragé le capitaine du yacht Norm Catton à quitter le port de Morro Bay dans une mer de 20 pieds. contre l’avis de la patrouille portuaire et de la garde côtière. Mojo a été submergé par un énorme briseur, brisant les fenêtres de la timonerie et blessant à la fois le capitaine et Van Devere, et causant des dommages totalisant 85 000 $ US (~ 340 000 $ US en dollars de 2021). Après l’incident, Mojo a été reconstruit et allongé à 100 pieds. Un réaménagement ultérieur dans les années 1990 a changé son style de manière presque méconnaissable, mais il reste en service à ce jour avec Hornblower Cruises & Events dans sa maison de longue date de Newport Beach, en Californie.
  • Cet épisode a été réalisé par Patrick McGoohan, qui détient également le record d’apparition en tant que meurtrier dans la série à 4 reprises au fil des ans.
  • C’est le seul épisode de Columbo dans lequel le public ne connaît pas le meurtrier dès le départ. Contrairement à l’intrigue normale de Columbo, celui-ci a une scène de fin classique « whodunit » avec tous les suspects rassemblés dans une pièce pour révéler l’auteur, à peu près de la même manière qu’Hercule Poirot rassemble les suspects. Cela pourrait être un clin d’œil à la grande écrivaine de romans policiers et reine des « polars », Agatha Christi ; cependant, étant décédé juste deux mois avant la diffusion de cet épisode, il semble plus probable que ce soit une coïncidence plutôt que prévu.
  • Deuxième apparition de Wilfrid Hyde-Whitee dans un épisode de Columbo mais jouant un personnage différent. Dans cet épisode, il joue Kittering, Esq. Il était déjà apparu dans Columbo : S.O.S. Scotland Yard (1972) dans le rôle de Tanner, le majordome faisant chanter Sir Roger Haversham.
  • Lorsque la série a été ressuscitée dans les années 1990, Columbo déclare qu’il n’a jamais conduit sa voiture avec le toit abaissé. Mais il le fait dans celui-ci, probablement pour que les cinq personnes puissent s’entasser dans la petite voiture avant de partir.
  • « Mac » a probablement obtenu son surnom parce qu’il porte un mackintosh (imperméable) partout.
  • Sur le yacht, Colombo et Charles discutent. En arrière-plan se trouve un yacht « Cameo », et dans la fenêtre, vous pouvez voir deux enfants regardant le tournage, dans leur propre « Cameo ».

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