Histoire

Un agent secret de la CIA dont le nom de code est « Geronimo » refait surface auprès de Nelson Brenner, l’un de ses collègues. Ils se retrouvent à une fête foraine proche de la mer. Geronimo sait que Brenner a détourné des fonds dans le passé. Il veut sa part de la somme, faute de quoi il fera part au directeur de l’agence, Phil Corrigan, de la malversation. Geronimo existe aussi sous la fausse identité d’A.J. Henderson et souhaite être payé sous cet alias par souci de discrétion. Brenner accepte de mettre en place un trafic pour le payer, dans ce but Geronimo doit rencontrer un contact sur la plage la nuit tombée. Après la rencontre, Brenner rejoint Geronimo et le tue avec un objet contondant.

Avis

Après un épisode passable, Columbo revient en grande forme pour l’un des meilleurs épisodes de cette saison ( avec La femme oubliée ) et de la série toute époque confondue ! C’est aussi l’un des épisodes préféré de Peter Falk.

Les scènes entre Columbo et le meurtrier sont, à mon avis, parmi les meilleures que nous ayons jamais faites. Ils ont cet équilibre parfait entre être à la fois convaincant et amusant. Et c’est ce que nous recherchons toujours – c’est le truc dans ces scènes, gardez-les tendus et gardez-les drôles. Et un grand mérite en revient à Patrick McGoohan. Je me souviendrai toujours à quel point je me suis amusé à les jouer, et à ce jour, je prends plaisir à les regarder.

Peter Falk

Cet épisode fait entrer Columbo dans le monde des espions, à une époque où la CIA subissait une vague de mauvaise presse et d’enquêtes pour des suspicions d’activités secrètes et illégales. Un contexte qui a brillement inspiré les auteurs du scénario.

Cette fois-ci, Columbo ne sait rien de la victime : aucun papier d’identité, aucun témoin. On assiste à une enquête minutieuse pour remonter le fil des évènements et découvrir l’identité de l’homme assassiné. Cette entrée en matière originale est une excellente idée et elle s’avère passionnante. Patrick McGoohan joue Brenner, l’assassin-espion et il livre une performance parfaite. Son personnage mi fou, mi sans pitié, excentrique et méthodique en fait l’un des adversaires les plus dangereux que Columbo ait eu à affronter. Nul doute qu’avec le pouvoir dont il dispose, Columbo aurait pu mal finir…

McGoohan possédait le meilleur sens de l’interprétation de toute la série.

Richard Levinson, créateur de la série

McGoohan a aussi réalisé l’épisode (c’est le deuxième à réaliser un épisode et à jouer dedans, le premier étant Une ville fatale par… Peter Falk). Il s’en tire avec les honneurs, l’épisode regorge de plans imparable, ajoutant une dramatique, ou soulignant l’humour. Mention spéciale à l’arrivée de Columbo, entre les phares de voitures de police et sa fumée de cigare.

Peter voulait un metteur en scène auquel il pouvait se fier. J’avais été trop gâté en Angleterre. On m’avait donné carte blanche pour tous les projets que j’avais mis en scène. J’étais donc méfiant à l’idée de diriger une série américaine, mais Peter et Everett Chambers m’ont donné carte blanche. lis avaient une histoire classique. Elle demandait à être revue, mais Peter était un merveilleux acteur pour un metteur en scène. li est méticuleux. C’est un acteur très précautionneux. Ma participation à Columbo s’est poursuivie parce que Peter m’appréciait et que je l’appréciais. Qu’il dise « Je veux que tu fasses cela. », et j’essayais de le faire.

Patrick McGoohan

Le mobile quant à lui est un peu plus complexe à discerner, comme il l’était pour l’épisode précédent, et certaines actions ont du mal à trouver une explication. Par exemple, pourquoi laisser Melville en vie ? En quoi était-il important qu’il donne une description de Steinmetz, l’agent double ? Et pourquoi Brenner tue Handerson (on ne saura jamais son vrai nom) ? Est-ce parce qu’il le soupçonne d’être un agent double ? Est-ce pour cette histoire de placement financier ? Il n’y a pas de réponses sur le mobile et après tout, pourquoi pas. Certains des meilleurs épisodes de Columbo gardent une part de mystère et ce n’est pas plus mal (on peut citer ne serait-ce que Rançon pour un homme mort).

Pourtant, parmi ce concert d’éloges, il y a quelques point discutables et qui, hélas, vont devenir monnaie courante au fils des épisodes. Commençons par l’attitude de Columbo au bar où il se retrouve subjugué par une danseuse du ventre. Au lieu de prêter attention au témoignage du barman et de ses informations primordiales, Columbo joue à l’adolescent. Il trouve la danseuse timide et découvre en sortant du bar qu’elle louche et que c’est ce qu’il lui donne ce semblant de timidité. Tout heureux, il donne un coup de poing dans un pilier.

Est-ce vraiment le Columbo que nous aimons ? C’est en tout cas bizarre. Sa façon aussi de laisser un silence avant de répondre tout comme ses expressions faciales appuyées seront de la partie au cours des saisons 6 et 7. Je ne suis pas sûr pour ma part que ce développement du personnage soit un bon choix.

Enfin, la fin est, non pas décevante, mais peut-être pas aussi crédible que l’on voudrait nous le faire croire. On se retrouve avec le même problème que dans Le grain de sable. Tout ce que Columbo prouve avec la bande enregistrée, c’est que Brenner n’a pas enregistré le discours le soir mais le lendemain matin. Mais il ne prouve en rien qu’il se trouvait sur la jetée. Et les photos « photoshopées » à la main ne peuvent en aucun cas constituer une preuve déterminante. Il est étonnant que Brenner, espion, agent double et censément intelligent, se laisse prendre pour si peu. Il est aussi fort probable que la CIA ne laissera pas un de ses agents avec un fort potentiel de nuisance trainer dans un tribunal.

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Anecdotes
  • Leslie Nielsen et David White jouent dans cet épisode. C’est Patrick McGoohan qui dirige et prend le rôle de l’assassin. Il est connu pour son rôle-titre dans la série Le Prisonnier. Des critiques ont remarqué de nombreux clins d’œil entre cet épisode et la série Le Prisonnier. Le premier est évidemment qu’il a le rôle d’un espion et que le titre fait référence à une crise d’identité. On constate aussi dans la scène de la fête foraine que Brenner porte un costume à liseré qui évoque le blazer qu’il porte dans sa série, des chaussures analogues et qu’il dit Be Seeing You à deux reprises : une première fois à la photographe lorsqu’il la quitte et une seconde fois chez lui à Columbo qui part en voiture (c’est une phrase récurrente au Village de la série, en français : Bonjour chez vous).
  • Patrick McGoohan conduit une Citroen SM, qui est une voiture française, tout comme celle de Columbo.
  • La villa de Patrick McGoohan est la même que celle utilisée dans l’épisode de la saison 2 Double Choc.
  • On note que le chef de Brenner est joué par David White, qui joue aussi le rôle d’Alfred dans Ma sorcière bien-aimée.
  • On peut remarquer une faute de raccord dans cet épisode. Lors d’une discussion avec Columbo, Nelson Brenner tient une carafe de jus d’orange avec sa main droite (49 min 28 s), alors que dans le plan suivant, il s’en saisit.
  • Le doublage en français présente de graves défauts à la conclusion de l’épisode : dans la version originale, la question de la possible non-participation de la Chine aux Jeux Olympiques à venir permet à Columbo de confirmer sa thèse de culpabilité (information inconnue à l’heure supposée de la rédaction du discours par l’assassin). Dans la version française, cette information est escamotée, ce qui fait que le dénouement tombe à plat.
  • Patrick McGoohan a inséré de nombreuses références à sa série télévisée culte, Le prisonnier (1967), notamment en disant « Be seeing you ! » (« Bonjour chez vous) et, dans une scène, portant une tenue presque identique à celle qui avait été son costume standard dans sa série.
  • Nelson Brenner (Patrick McGoohan) conduit une toute nouvelle Citroën SM, modèle US (phares ronds non directionnels), propulsée par un moteur Maserati. Après l’engouement initial (Voiture de l’année 1972 pour le magazine Motor Trend), elle s’avère un échec commercial, voire est interdite aux États-Unis en 1974. Seules 12 920 Citroën SM sont produites entre 1970 et 1975, date du rachat de l’entreprise en faillite par autre constructeur français Peugeot. La voiture de Columbo est une Peugeot 403 cabriolet, et il prétend qu’il n’y en a que trois autres dans le pays.
  • « Travel Town », visité par Columbo, fait maintenant partie du groupe L.A Recreation and Parks.
  • Deuxième apparition de Leslie Nielsen à Columbo.
  • Lorsqu’ils se rencontrent pour la première fois dans le parc d’attractions, Brenner (Patrick McGoohan) demande à Geronimo/Henderson (Leslie Nielsen) comment il s’est éloigné du Tupamaro. Le Tupamaro était une véritable organisation terroriste de gauche, active en Uruguay dans les années 1960 et 1970. Entre autres crimes, ils ont perpétré des attentats à la bombe, assassiné l’agent du FBI Dan Mitrione et kidnappé l’ambassadeur britannique de l’époque en Uruguay, Geoffrey Jackson. L’un de ses membres (Pepe Mujica) a été élu démocratiquement président de l’Uruguay en 2009 après avoir purgé 14 ans de prison.
  • La musique que Nelson Brenner joue à Columbo juste avant le clip de Madame Butterfly est une version instrumentale de Philadelphia Freedom d’Elton John.
  • Les 325 000 $ sur lesquels les deux hommes se sont mis d’accord valent environ 1 600 000 $ en 2021. Cependant, 325 000 $ en or vaudraient environ 4 M $.
  • Barbara Rhoades et Leslie Nielsen étaient dans 2 épisodes de Columbo (1971). Par coïncidence, ils étaient dans les mêmes épisodes. Dans Columbo : Attente (1971), Nielsen était le petit ami du suspect du meurtre et Rhodes jouait le rôle d’hôtesse.
  • Le personnage de Patrick McGoohan offre à Columbo un cigare avec un coupe-cigare, exactement comme son personnage précédent le commandant de l’académie militaire dans Columbo : Entre le crépuscule et l’aube (1974), en utilisant presque la même formulation.
  • Son mari dit que Mme Columbo aime la musique classique, en particulier Ludwig van Beethoven et Wolfgang Amadeus Mozart. Sa pièce préférée est « Madame Butterfly » de Giacomo Puccini.
  • Lorsque Nelson Brenner parle à Columbo de l’endroit où il a acheté ses cigares, il dit : « La Baie des Cochons n’était pas un désastre total. » Dans Ne tirez pas sur le dentiste (1979), le personnage de Peter Falk raconte au personnage d’Alan Arkin que la Baie des Cochons était son idée.
  • La photographie utilisée pour représenter le vrai A.J. Henderson a également été utilisé dans le pilote pour [Deux cent dollars plus les frais (1974) pour représenter William Elias.
  • Salvatore De Fonte est joué par Vito Scotti. C’est l’une de ses six apparitions sur Colombo.
  • Le personnage de Patrick MsGoohan, Nelson Brenner invite Columbo dans son salon, avec le « manteau » sculpté de la cheminée pour quelques libations. Il s’agit du même salon utilisé pour l’épisode 1 de la sixième saison appartenant au personnage de William Shatner, Ward Fowler, sans les peintures ni la tapisserie murale ; La photo comprend également le bureau avec des boîtes à musique contrôlées en tirant le tiroir pour l’ouvrir.
  • Lorsque le personnage de Patrick McGoohan frappe Leslie Nielson à la tête avec un démonte-pneu, cela rappelle Peter Falk lorsqu’il a frappé plusieurs personnes à la tête avec un démonte-pneu dans The Great Race as Max six ans plus tôt.
  • Lorsque le directeur se révèle lui-même et l’implication de son agence dans le meurtre du lieutenant Columbo, il montre une carte s’identifiant comme « Phil Corrigan, agent secret X-9 ». Il s’agit en fait du titre d’une bande dessinée de journal vintage et du nom de son héros, créé par Dashiell Hammett. Universal, le même studio responsable des téléfilms « Columbo », a filmé Agent secret X-9 (1937) et Agent secret X-9 (1945) en tant que feuilletons de cliffhanger du samedi matin en 1937 et 1945. (Dans la série précédente, ils ont changé le le nom du personnage à « Dexter ».)

Filmographie sélective de Leslie Nielsen
Cinéma
  • 1955 : The Battle of Gettysburg : le narrateur
  • 1972 : L’Aventure du Poséidon de Ronald Neame : le capitaine
  • 1980 : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker : le docteur Rumack
  • 2009 : Spanish Movie de Javier Ruiz Caldera : le docteur Nielsen
Télévision
  • 1949-1954 : Studio One : un acteur / un ingénieur / le docteur Waring / Fred Lawson / Mac / Edmund / Tallman
  • 1960 : Les Incorruptibles : Tom Sebring
  • 1971 : Columbo (épisode « Attente », « Lady in Waitin ») : Peter Hamilton
  • 1975 : Columbo (épisode « Jeu d’identité »)
  • 1985-1986 : Arabesque : le capitaine Daniels / David Everett
  • 2007 : Robson Arms : Caldo Vasco
Filmographie sélective de Patrick McGoohan

Acteur vedette des séries Destination Danger et Le Prisonnier (série dont il est le cocréateur), Patrick McGoohan a également participé à plusieurs épisodes de la série Columbo, en jouant le rôle du meurtrier à quatre reprises et en réalisant plusieurs épisodes. La série Le Prisonnier dont il est le maître d’œuvre (il en écrit deux scénarios, réalise lui-même trois épisodes tout en incarnant le héros, à savoir le Numéro 6) connaît dès les premiers passages un énorme succès en Angleterre. Au fur et à mesure des 17 épisodes que comporte la série, le public britannique attend avec hâte de connaître enfin qui est le Numéro 1. Mais le dernier épisode en forme d’épilogue allégorique qui clôt la série fait scandale en ne donnant pas de réponses claires et simples. McGoohan, du jour au lendemain, devient détesté, voire physiquement agressé dans les rues de Londres, par une partie de son public (britannique) qui estime avoir été lésé ou trahi, et McGoohan comprend qu’« il doit se retirer pour un moment ». Il quitte l’Angleterre pour vivre en Californie. Au début des années 1960, tout auréolé du succès de la série d’espionnage britannique Destination danger (où il incarne l’espion John Drake pendant quatre saisons et 86 épisodes), il se voit proposer le rôle de James Bond dans James Bond 007 contre Dr No de Terence Young. Mais il refuse ce rôle, jugeant le personnage de James Bond incompatible avec ses critères moraux. McGoohan avait pour projet d’adapter la série Le Prisonnier au cinéma, mais le temps lui manqua pour aboutir. Il a prêté sa voix dans un épisode de la saison 12 des Simpson, où il incarnait son propre personnage de la série Le Prisonnier.

  • 1954 : Les Briseurs de barrages de Michael Anderson : Le garde à la porte
  • 1979 : L’Évadé d’Alcatraz (Escape from Alcatraz) de Don Siegel : le directeur de la prison
  • 1995 : Braveheart de et avec Mel Gibson : Edward
  • 2002 : La Planète au trésor, un nouvel univers de Ron Clements : Billy Bones (voix)

Source : Wikipedia


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