Histoire

Hassan Salah est le représentant diplomatique d’une ambassade du Suari, un État imaginaire du Golfe ou d’Arabie. Son jeune Roi va bientôt se rendre aux États-Unis en voyage officiel, ce qui explique la présence en dehors des grilles de jeunes manifestants au régime. Salah désire utiliser leur présence pour leur faire porter le blâme d’un saccage puis d’un meurtre organisés par ses soins.

Avis

Autant commencer directement par les moments de gênances. Dans cet épisode particulier, ils sont nombreux. Tout d’abord le casting. Pour jouer des arabes, la production a casté des acteurs hispanique (Hassan Salah), ou italo-américain, ou un roi arabe né à Brooklin et pourvu d’une belle mâchoire carré d’étudiant américain. Ce n’est pas une méthode typiquement américaine, le cinéma français est friand de cela aussi. L’acteur arabe est, à cette époque, exclusivement cantonné dans des rôles de méchants (même s’il est joué par des blancs !). Le message de l’épisode est gênant lui aussi. Rappelons-nous d’abord que les USA étaient, lors de la diffusion de l’épisode, en pleine crise pétrolière provoquée par leur soutien à Israël lors de la guerre du Yom Kippour. Le refus de fournir du pétrole (aux occidentaux aussi) avait fait flamber les prix du pétrole. Dans l’épisode, un arabe conservateur et respectueux des traditions s’affronte tout en sournoiserie avec un roi ouvert et progressiste. Le message est clair : l’Amérique soutient les pays arabes du moment qu’ils vivent à l’américaine, adoptant sa culture et effaçant ses traditions et sa propre culture. Cet épisode tourne le dos à ce que Columbo était au lancement : une série née des mouvements contestataires et de lutte de classes. Cliché aussi à la fin de l’épisode où l’assassin hurle ses aveux pour éviter la torture dans son pays natal. Bref, tout ceci fait que cet épisode est passé à la trappe pour moi, jamais revu, mélange de mauvais souvenirs, de mauvaises impressions et de déceptions.

Pourtant, en lui-même, l’épisode est bon. Les scénaristes ont fait un effort pour proposer quelques chose de différents. Le poste du lieutenant est vraiment mis en jeu par des relations diplomatiques et l’immunité dont jouit l’assassin est un problème jamais vu jusqu’alors. Même si tout est simpliste, il faut saluer la qualité d’écriture et les petites variations de jeu qui laissent devenir les arrière-pensées des uns et des autres.

Toutefois, le mobile n’est pas très clair. Hassan a-t-il tué le chef de la sécurité pour l’argent ? Tout au long de l’épisode, on nous parle des 600 000 $ disparus. Est-ce le mobile du meurtre ? Ou est-ce un vain jeu diplomatique pour acquérir plus de pouvoir ? Ce n’était pas clair à la première vision et c’est toujours flou à la seconde.

Un épisode passable en somme. Gênant par ses caricatures et ses raccourcis, tout en étant acceptable sur le plan de la logique et des déductions. Dans son livre Dossier Columbo, Mark Dawidziak fait un résumé parfait de l’épisode :

Il y a un message douloureusement offensant qui se dégage de ce contraste de personnages stéréotypés : les Arabes ne sont pas si méchants tant qu’ils sont prêts à agir comme un américain. C’est une critique aussi pertinente aujourd’hui qu’au jour où elle a été écrite. Parce que le roi est un progressiste sympathique, cela fait nécessairement du traditionaliste glacial Salah le méchant. Mais à quel point est-il mauvais ? C’est difficile à savoir. Nous n’avons que des indices sur le mobile du double homicide de Salah. Normalement, un manque de motif clair nuit à un épisode de Columbo. Ici, étant donné le jeu politique à enjeux élevés dans lequel nous nous trouvons, une petite ambiguïté semble OK.

Mark Dawidziak, critique américain

Hector Elizondo a commenté le fait qu’il joue un arabe lors d’une interview :

Je suis un acteur du genre American Express. Est ce que vous me connaissez ? Des gens m’arrêtent dans la rue, et disent « Vous n’étiez pas… Est-ce que… » C’est un anonymat agréable. J’ai une binette neutre. Ah, si, je ressemble à un garde-frontière soviétique. »

Hector Elizondo

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Anecdotes
  • Le thème d’une tête pensante qui souhaite faire porter le blâme d’un meurtre sur un complice, ensuite assassiné, est également présent dans l’épisode 5 de la troisième saison, Édition tragique.
  • C’est le seul épisode où l’assassin avouera de manière fanfaronne au Lieutenant Colombo qu’il est coupable des crimes dont il est suspecté. L’immunité diplomatique dont dispose l’assassin lui permet d’être invulnérable et intouchable, d’où cet aveu public. Puisque le Roi a tout entendu derrière une porte, le meurtrier se retrouve à réclamer piteusement l’aide du lieutenant et de consigner par écrit ses méfaits pour éviter la mort au Suari pour haute trahison.
  • Le personnage de Salah est doublé par Francis Lax, célèbre comédien de doublage, entre autres de Tom Selleck (Magnum), David Soul (Hutch), Dwight Schultz (Looping) et Harrison Ford à l’époque.
  • Sal Mineo, l’acteur qui interprète Rahmin Habib est mort assassiné quelques mois plus tard, le 12 février 1976.
  • À noter également une incohérence dans la version française : Columbo fait état de $ 6000 retrouvés sur Rahmin Habib (46 min 36 s), alors qu’il a toujours été question dans les séquences précédentes d’une somme de 10 000 $.
  • Cet épisode a été diffusé pour la première fois le 12 octobre 1975, exactement quatre mois avant le meurtre brutal de la star invitée Sal Mineo le 12 février 1976.
  • Brioni Farrell joue Xenia, qui est son vrai prénom.
  • Sal Mineo est la deuxième victime de meurtre dans la vie réelle à jouer le rôle d’une victime de meurtre dans Columbo. Barbara Colby, qui a dépeint une victime de meurtre dans Columbo: Murder by the Book (1971), a également été victime d’homicide.
  • Jeff Goldblum, alors qu’il est encore inconnu du public, apparaît comme figurant parmi le groupe d’étudiants manifestant devant la grille de l’ambassade (53 min 13 s).
Filmographie d’Héctor Elizondo 

De 1962 à 1963, il étudie la danse au Ballet Art Company de Carnegie Hall. Il apparaît ensuite dans plusieurs comédies musicales du off-Broadway. En 1974, il interprète au cinéma Joe Welcome, un mafieux dans Les Pirates du métro de Joseph Sargent. À partir des années 1980, il devient ami avec le réalisateur Garry Marshall qui était impressionné par son talent. Il est apparu dans une grande partie de ses films : Pretty Woman en 1990, Just married (ou presque) en 1999, Princesse malgré elle en 2001, Un mariage de princesse et Fashion Maman en 2004, Valentine’s Day en 2010 ou encore Happy New Year en 2011… À la télévision, il est connu pour ses rôles du Dr Phillip Watters dans la série Chicago Hope: La Vie à tout prix et du Dr Neven Bell dans la série Monk. Héctor Elizondo remplace l’acteur Stanley Kamel, décédé le 8 avril 2008 qui interprétait l’ancien psychiatre d’Adrian Monk.
Source : Wikipédia


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