Histoire

Paul Galesko est un célèbre photographe qui décide de tuer sa femme, dont il est lassé du comportement qu’il estime trop autoritaire et colérique. Il souhaite faire croire que son épouse se retrouve victime d’un enlèvement réalisé par une tierce personne. Il prépare donc pour cela une lettre anonyme indiquant le kidnapping de son épouse (qu’il s’envoie lui-même à son domicile), puis il photographie sa compagne, qu’il a ligotée sur une chaise, à l’intérieur d’une ferme inhabitée. Il veille à ce qu’une horloge dans le cadre de la photo puisse indiquer une heure erronée qui sera son alibi. Il assassine ensuite son épouse par arme à feu, dans ce bâtiment, et l’y laisse croupir.

Avis

Il y a un mystère sur le mobile du crime. Est-ce l’argent ? Est-ce pour une femme ? Les indices quant au mobile sont rares. On a les mots de l’assassin qui dit à sa victime qu’il est sous sa coupe depuis 3 ans. Pourquoi 3 ans ? Que s’est-il passé depuis 3 ans quand leur mariage dure depuis plus longtemps que ça ? Est-ce la date de l’arrivée de la jeune et belle secrétaire de Galesko ? Plus tard dans l’épisode, Lorna, la secrétaire, dit à propos de la victime « Je suis ce qu’elle vous a fait subir ». Sans plus de précision. Le mobile reste dans le flou tout comme la personnalité de l’assassin. Il comment deux meurtres – le premier, celui sa femme, qu’il attache et abat, et le second son bouc émissaire d’une balle dans le ventre – et il les commet avec sang froid et une longue préparation. Celui qui est décrit par sa femme comme quelqu’un qui ne réussit rien (double prix Pulitzer quand même) démontre une force de caractère et une volonté inarrêtable. Le déclic de cet enchainement de situations reste mystérieux.

L’épisode dure 1h30 et il est très drôle. On a vu par le passé que, hélas, pas mal d’épisodes aussi long le sont artificiellement, en ajoutant ou en étirant des scènes au maximum (spéciale dédicace à l’imprimante).Ici, ce n’est pas un problème. Les scènes apportent non seulement quelque chose à l’intrigue mais elles sont drôle. On recroise Vito Scotti dans le rôle d’un ivrogne et l’affrontement entre le lieutenant et la Sœur est très amusant. Peter Fischer – excellent scénariste de la série – a truffé son scénario de répliques drôle. La scène où Columbo demande une photo de chien à Galesko au motif que son cocker est triste parce que le chien voisin a déménagé vaut le coup d’œil !

J’ai écrit cette réplique en me disant : « Il ne le fera jamais. » Il l’a fait exactement comme je l’avais écrit.

Peter S. Fischer – Scénariste

Et comme toujours avec Fischer, les indices sont excellents, mention spéciale à la poussière sur la cheminée. L’épisode regorge de petites déductions et nous tient en éveil tout le long. L’affrontement entre l’assassin et le lieutenant n’est pas intense, il peut paraitre tranquille, léger même vu que Columbo ne dispose de pas grand-chose à part ses déductions. Mais pourtant c’est bien un harcèlement, en bonne et due forme auquel Columbo se livre. La scène du cimetière le prouve où l’on voit Columbo, tentant de se faire discret, mitraillant la cérémonie de son appareil photo ou glissant par inadvertance une photographie de la morte dans les tirages.

Vous pensez que je suis responsable de la mort de ma femme. Ne le niez pas. Vous êtes comme un terrier. Vous vous accrochez à ma jambe et vous ne me laissez pas partir. Je ne peux pas faire un pas sans voir cette expression vide sur votre visage.

Galesko à Columbo

Chose rare méritant d’être signalée, dans cet épisode on voit le lieu de travail de Columbo, on voit son bureau, ses collègues, le sous-sol. Loin du glamour des décours habituels ! On voit même les rues de Los Angeles, des rues bien éloignées du clinquant de la haute société, où clochards et ivrognes déambulent.

La fin est un exemple parfait et la preuve que Columbo use de méthodes de flics, qu’il joue avec la limite de la légalité pour parvenir à ses fins. C’est un piège qu’il tend à l’assassin, il fabrique une fausse preuve pour le pousser à se compromettre. Mais cette fois-ci, il semble en éprouver du remord. Fier de sa méthode dans l’épisode pilote ou dans Rançon pour un homme mort, Columbo ici semble avoir du mal à soutenir le regard de l’assassin. Il ne lui réponds même pas, il ne le regarde même pas lorsque les officiers l’emmènent. L’épisode s’arrête sur Columbo, incapable de mettre son imperméable. Il passe un bras puis s’assoit. Désarroi ? Honte ? Déçu d’avoir franchi une limite ? L’interprétation est libre.

Notez cet épisode !

Anecdotes

Dans cet épisode, Columbo explique que son chien fait une dépression car il était amoureux de la chienne du voisin et que celui-ci a déménagé. Il explique plus tard que cela fait huit ans qu’il a son imperméable. Il est alors dans un centre d’aide aux démunis pour interroger un témoin, et la sœur le prend pour un vagabond. Il y a d’ailleurs une incohérence dans cette scène puisque, à un moment donné (38 min 48 s), la sœur l’appelle « Lieutenant », alors qu’il ne s’est pas présenté en tant que tel (il n’en a d’ailleurs pas eu le temps).

À propos de l’incohérence précédente, notons que cette erreur n’est présente que dans la version française. En effet, si nous écoutons la sœur en VO, celle-ci prononce bien « later » (et non : lieutenant). Un « later » qu’elle ne cesse de répéter d’ailleurs, pour signifier à son invité qu’il pourra s’exprimer « plus tard »… après une bonne soupe.

À noter pour la première fois à l’écran John Ashton dans le rôle de l’agent immobilier.

On peut remarquer une incohérence dans la scène du crime : Paul Galesko emploie un Luger P08 pour tuer sa femme. Or, le dessus de l’arme est levé, ce qui veut dire qu’elle n’est pas chargée.

Au moment de la diffusion originale, Dick Van Dyke était le porte-parole des appareils photo Kodak Instamatic (film de format 110) dans une série de publicités télévisées et imprimées.

Lorsque nous voyons Galesko et son éditeur à l’exposition de la galerie, ils disent tous les deux « Salut Phil » à un personnage invisible hors caméra. Phil Cook était le premier assistant réalisateur de cet épisode.

Dans cet épisode, Joyce Van Patten joue une religieuse qui prend le lieutenant Columbo pour un sans-abri et essaie de lui trouver un nouveau manteau. Elle continue dans la saison 6 pour jouer la meurtrière froide, Ruth Lytton, dans « Old Fashioned Murder ».

Le ventilateur de cheminée distinctif de Paul Hanlon dans « Negative Reaction », qui était également dans la maison de Nelson Heyward dans Columbo: Candidat au crime (1973).

Columbo utilise une image inversée d’une photo négative pour attraper le tueur. Dans la scène de clôture, il y a un logo Kodak bien visible sur une boîte, sur une étagère, qui est inversé.

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